Figurant parmi les aspects les plus “traumatisants” de la maladie, le phénomène d’errance perturbe l’entourage, et “angoisse” la personne malade elle-même. Pour comprendre ce comportement, il est très important d’en connaître l’origine.

“Se laisser guider par des souvenirs tenaces du passé telle que la vieille habitude de sortir promener le chien” ; “Partir en quête de vieux amis ou d’un ancien lieu de résidence.” Des raisons qui expliquent pourquoi une personne malade va parcourir une distance parfois très longue (plusieurs kilomètres). Des raisons “illogiques” pour l’entourage, mais tout à fait “pertinentes” pour la personne malade. “L’errance peut être définie comme le fait de quitter un endroit, le plus souvent le lieu où l’on vit pour se rendre à un autre endroit. La personne a alors un objectif bien précis, une idée en tête. C’est en cela que l’errance ne doit en aucun cas être confondue avec la déambulation qui correspond elle, à une marche sans but réel dans un espace restreint”, explique Catherine Ollivet, présidente de France Alzheimer Seine-Saint-Denis.

La désorientation, conséquence de l’errance

Il est donc important pour l’aidant d’identifier, en premier lieu, les raisons qui motivent la personne malade à se déplacer (une énergie excessive, un besoin de se dépenser, la recherche d’anciens lieux familiers, le stress, l’anxiété, la foule et le bruit, l’ennui…). Si la déambulation accroît les risques de chutes et le sentiment d’angoisse chez la personne malade, le phénomène d’errance est source, quant à lui, d’une autre difficulté : la désorientation. “La personne malade peut ne pas se souvenir de l’objectif premier de sa sortie. Elle ne sait plus où elle voulait aller mais elle est aussi dans l’incapacité de retrouver son point de départ. Résultat : elle est désorientée”, prévient Judith Mollard-Palacios, psychologue chez France Alzheimer.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le stade d’avancée de la maladie n’a aucune incidence sur l’augmentation du risque de désorientation. Des données récoltées par France Alzheimer montrent en effet que les troubles de l’orientation touchent une part non négligeable des malades les moins dépendants : 11 % chez les personnes évaluées en GIR 6 et 28 % des personnes classées en GIR 5, c’est à dire aux stades les plus modérés de la perte d’autonomie.

Un cas de conscience pour l’aidant

Sur le plan éthique, le phénomène d’errance pose souvent un cas de conscience aux aidants : vouloir que la personne malade garde son indépendance, tout en s’assurant qu’elle n’est exposée à aucun danger. En d’autres termes : protéger la personne qui court un risque tout en favorisant son autonomie. “C’est seulement dans le cas où l’on constate l’existence d’un risque réel que l’on pensera à sécuriser sa liberté d’aller et venir. Le mieux pour prévenir l’errance reste la présence humaine (conjoint, professionnel), mais celle-ci ne peut être continue et n’est pas toujours envisageable, en particulier la nuit”, tempère Judith Mollard-Palacios.

Source : https://www.francealzheimer.org/comment-faire-face-au-phenomene-derrance/?fbclid=IwAR0iOWLu4rTWSwhvnVmHaSKIo1BchvrFdSRECvJwicCbczJjz_PZ8MgF9lE

 

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